Une douleur persistante peut faire varier la capacité d'un jour à l'autre sans enlever toute marge de progression. L'objectif n'est ni de forcer ni de tout arrêter : il est de choisir une quantité de départ réaliste, de l'observer, puis de l'ajuster graduellement. La même logique peut protéger les activités du quotidien et la vie intime.
La variation quotidienne peut devenir une information utile
Chez 140 adultes de la grande région de Montréal ayant une lombalgie persistante, l'intensité de la douleur variait en moyenne de 1,2 point sur 10 d'un jour à l'autre1. Ce résultat rappelle qu'une journée plus difficile n'annule pas la progression et qu'une meilleure journée ne commande pas de tout rattraper. Le suivi gagne à porter sur plusieurs jours : quantité réalisée, récupération, activités maintenues et place prise par la douleur.
Dans une cohorte de 891 personnes en réadaptation, l'évitement était associé à davantage d'interférence de la douleur et à davantage de symptômes dépressifs2. Une autre étude de la même équipe relie la persistance centrée sur la tâche — terminer une quantité prévue, distincte du dépassement excessif — à de meilleures performances fonctionnelles3. Le repère utile n'est donc pas « continuer malgré tout », mais « savoir d'avance ce qui constitue une séance suffisante ».
L'activité physique soutient le fonctionnement
Une synthèse de 21 revues Cochrane, totalisant 381 études et 37 143 participants, rapporte une amélioration significative du fonctionnement physique dans 14 revues, avec des effets généralement petits à modérés. Les effets indésirables rapportés sont peu nombreux et consistent surtout en courbatures ou douleurs musculaires transitoires14. Ce vaste corpus soutient une reprise active, adaptée et progressive.
La peur du mouvement mérite également d'être travaillée : une revue systématique de 63 articles et 10 726 personnes conclut qu'un niveau plus élevé de kinésiophobie prédit une progression de l'incapacité dans le temps6. Les mesures de dosage sont encore hétérogènes7; c'est pourquoi un suivi individualisé est préférable à une règle universelle. On ajuste la quantité à partir du fonctionnement et de la récupération, en concertation avec l'équipe de santé.
Construire une progression qui tient dans la vie réelle
Un plan simple peut préciser : l'activité choisie, la quantité de départ, la fréquence, le palier suivant et les signes qui commandent un ajustement. L'activité graduée obtient des améliorations à court et moyen terme par rapport à une intervention minimale dans la lombalgie persistante9. Le bénéfice ne dépend pas d'une méthode unique : ce qui compte est une progression suivie, réaliste et révisable.
Cette logique rejoint la reprise graduelle après une commotion et la manière de comprendre une capacité qui varie d'un jour à l'autre. Lorsque le principal obstacle devient l'organisation des tâches, l'énergie disponible ou l'adaptation de l'environnement, l'ergothérapie apporte un levier complémentaire.
L'intimité peut aussi être adaptée sans disparaître
Une revue systématique de 10 études et 2 941 participants confirme que les difficultés sexuelles sont fréquentes chez les personnes vivant avec une douleur musculosquelettique persistante et recommande une lecture biopsychosociale11. Cela ouvre plusieurs cibles : positions, durée, moment, communication, affection, attentes et soutien du partenaire.
Chez 310 adultes vivant avec une douleur persistante et en relation de couple, un soutien plus élevé du partenaire atténuait une partie de l'association entre douleur et bien-être intime12. Dans une étude quotidienne auprès de 70 femmes ayant une vestibulodynie provoquée, les marques d'affection physique étaient associées à une meilleure satisfaction sexuelle et conjugale le jour même et le lendemain, indépendamment de l'intensité de la douleur13. L'intimité peut donc être maintenue et redéfinie autour de ce qui est confortable, désiré et partagé — un thème approfondi dans l'article sur la communication sexuelle dans le couple.
Quel type d'accompagnement peut aider?
Un suivi sportif personnalisé aide à fixer une quantité de départ, organiser les paliers et ajuster la progression à partir de ce qui est réellement toléré et récupéré. Il s'inscrit en complément de l'évaluation et des traitements médicaux ou de réadaptation déjà en place.
Un accompagnement en ergothérapie agit sur le fonctionnement : découper une tâche, adapter l'environnement, répartir l'effort et maintenir les rôles importants. Le Code des professions du Québec confie à l'ergothérapeute l'évaluation des habiletés fonctionnelles, l'adaptation de l'environnement et la réduction des situations de handicap15.
Un accompagnement en sexologie permet de travailler les ajustements, les attentes, la communication et l'équilibre sexuel. Ce champ d'exercice est défini à l'article 37 u) du Code des professions16. Lorsque la douleur touche aussi l'humeur, le sommeil ou l'ensemble du fonctionnement, le portrait global aide à choisir le premier levier.
Sources
- Pagé MG, Gauvin L, Sylvestre MP, Nitulescu R, Dyachenko A, Choinière M. An Ecological Momentary Assessment Study of Pain Intensity Variability: Ascertaining Extent, Predictors, and Associations With Quality of Life, Interference and Health Care Utilization Among Individuals Living With Chronic Low Back Pain. The Journal of Pain. 2022;23(7):1151-1166. PMID 35074499. DOI 10.1016/j.jpain.2022.01.001 — étude d'évaluation écologique momentanée menée auprès d'adultes de 18 ans et plus ayant une lombalgie persistante depuis au moins trois mois et ayant consulté un professionnel de la santé dans les deux mois précédents. Le recrutement s'est fait dans la grande région de Montréal, entre janvier 2015 et septembre 2017, dans des cliniques de physiatrie, de physiothérapie et de chiropratique, des urgences, des groupes de médecine de famille et des centres locaux de services communautaires, ainsi que par des associations de patients et par les médias. Cent quatre-vingt-trois personnes ont été recrutées et 140 ont été retenues pour l'analyse, sur le critère d'au moins 10 observations valides par période. Le protocole comporte deux périodes de sept jours consécutifs espacées d'un mois, avec un relevé au réveil, deux relevés aléatoires en journée, un relevé avant la prise d'un analgésique au besoin et un relevé au coucher. La valeur de ce devis tient à ce qu'il mesure la variation à l'intérieur d'une même personne plutôt qu'entre des personnes : les auteurs rapportent que l'intensité de la douleur du patient moyen fluctue avec un écart type de 1,2 sur une échelle numérique de 0 à 10, et que 95 % des écarts types individuels se situent entre 0,57 et 2,56. Résultat central et contre-intuitif, publié tel quel par les auteurs : aucune association statistiquement significative entre la variabilité intra-individuelle des scores de douleur et la qualité de vie liée à la santé physique ou mentale, l'interférence de la douleur, le nombre de professionnels consultés ou la polypharmacie. Financements déclarés auprès de Crossref : Réseau québécois de recherche sur la douleur, Pfizer Canada, Instituts de recherche en santé du Canada, Fonds de recherche du Québec - Santé. Un financement industriel figure donc au dossier de cette source, et l'article le mentionne. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction ni d'erratum dans la notice Crossref.
- Lüthi F, Vuistiner P, Favre C, Hilfiker R, Léger B. Avoidance, pacing, or persistence in multidisciplinary functional rehabilitation for chronic musculoskeletal pain: An observational study with cross-sectional and longitudinal analyses. PLoS ONE. 2018;13(9):e0203329. PMID 30180195. DOI 10.1371/journal.pone.0203329 — étude observationnelle prospective conduite auprès de 891 patients d'un centre suisse de réadaptation de langue française, la Clinique romande de réadaptation, entre octobre 2013 et juin 2016; 701 d'entre eux ont complété les mesures de performance physique. Âge moyen de 43 ans plus ou moins 12, 18 % de femmes, durée médiane de la douleur de 359 jours (intervalle interquartile de 233 à 678), douleur du rachis chez 16 %, du membre supérieur chez 37 %, du membre inférieur chez 43 %, et sur plusieurs sites chez 4 %. Les conduites sont mesurées à l'admission par le Patterns of Activity Measure - Pain, 30 items répartis en trois échelles de 10 items : évitement (alpha de Cronbach 0,88), dosage (0,89) et persistance (0,85). En analyse transversale multivariée, l'évitement est associé à une plus grande interférence de la douleur (bêta 0,16; p < 0,01), à plus de symptômes dépressifs (bêta 0,17; p < 0,015) et à une moins bonne capacité fonctionnelle rapportée (bêta -0,09; p < 0,015), sans association avec les mesures de performance. L'échelle de persistance est associée à une meilleure capacité fonctionnelle (bêta 0,17; p < 0,01) et à moins de symptômes dépressifs (bêta -0,13; p < 0,01). En analyse longitudinale, de l'admission au congé d'un programme de réadaptation fonctionnelle de cinq semaines, la persistance est la seule des trois conduites associée aux améliorations : interférence de la douleur (bêta 0,10), symptômes dépressifs (bêta 0,13), capacité fonctionnelle (bêta 0,11), test de marche de six minutes (bêta 0,10) et test de levage PILE (bêta 0,13), tous à p < 0,01; l'évitement et le dosage n'y sont associés à aucune amélioration. Les auteurs précisent eux-mêmes que l'échelle nommée overdoing mesure vraisemblablement une persistance liée à la tâche, et non un dépassement. Financement : don de la Loterie Suisse Romande. Déclaration des auteurs : aucun intérêt concurrent. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction dans la notice Crossref.
- Burrus C, Vuistiner P, Léger B, Rivier G, Hilfiker R, Lüthi F. Task-Contingent Persistence is Related to Better Performance-Based Measures in Patients with Chronic Musculoskeletal Pain. Pain Research and Management. 2020;2020:1765456. PMID 32655723. DOI 10.1155/2020/1765456 — étude monocentrique menée dans le même centre suisse de langue française que la précédente, auprès de 304 patients ayant une douleur musculosquelettique persistante depuis au moins trois mois et évalués par une évaluation des capacités fonctionnelles. Âge moyen de 42,3 ans, 94,7 % d'hommes. Les conduites sont mesurées par le Patterns of Activity Measure - Pain et les performances par quatre épreuves de levage et de port de charge : du sol à la taille, de la taille au-dessus de la tête, levage horizontal et port de charge à la main dominante. En régression linéaire multivariée ajustée pour l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle, l'intensité de la douleur, la gravité du traumatisme, la localisation de la lésion et la scolarité, la persistance est associée positivement aux quatre épreuves : 0,20 (p = 0,001), 0,13 (p = 0,004), 0,31 (p < 0,001) et 0,19 (p = 0,001). Exprimée en unités cliniques, une variation de deux écarts types du score de persistance correspond à 3,28 kg, 2,08 kg, 5,15 kg et 3,11 kg de plus aux quatre épreuves. Le dosage est associé négativement au port de charge à la main dominante (-0,14; p = 0,034) et l'évitement n'est associé à aucune des quatre épreuves. Les auteurs rattachent explicitement l'échelle utilisée à une persistance liée à la tâche au sens de Kindermans, qu'ils distinguent d'une persistance excessive. Financement : don de la Loterie Suisse Romande. Déclaration des auteurs : aucun conflit d'intérêts. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif au 22 septembre 2026; le registre de corrections n'a pas pu être interrogé pour cette notice, voir le paragraphe des contrôles de la fiche.
- Todd NV, Kearsley N, Wright-Todd A. Assessment of cauda equina syndrome: new national guidelines and implications for primary care. British Journal of General Practice. 2025;75(757):381-383. PMID 40744753. DOI 10.3399/BJGP.2025.0122 — notice de sécurité, sans valeur de preuve d'efficacité. Article de pratique clinique qui expose l'état des recommandations nationales britanniques sur le syndrome de la queue de cheval : National Spine Network 2020, parcours national du NHS England 2024 et NICE 2025. Ces recommandations retiennent que tout symptôme nouveau de dysfonction vésicale doit conduire à une imagerie par résonance magnétique le jour même, quels que soient les signes objectifs; les symptômes visés sont tout changement du mode de miction, l'hésitation, la fréquence, le goutte-à-goutte, la vidange incomplète, la perte de la sensation d'uriner, la rétention ou l'incontinence. Est visé de la même manière tout changement subjectif de la sensation dans la région dite en selle, c'est-à-dire génitale ou périnéale, y compris les paresthésies et les engourdissements. L'article rappelle également que, parmi les cas cliniquement suspects, 19 % reçoivent une confirmation clinique et radiologique, ce qui indique que la conduite recommandée est volontairement prudente. Il précise que l'examen rectal n'est pas nécessaire en première ligne pour poser la suspicion.
- Downie A, Williams CM, Henschke N, Hancock MJ, Ostelo RWJG, de Vet HCW, Macaskill P, Irwig L, van Tulder MW, Koes BW, Maher CG. Red flags to screen for malignancy and fracture in patients with low back pain: systematic review. BMJ. 2013;347:f7095. PMID 24335669. DOI 10.1136/bmj.f7095 — revue systématique de la valeur diagnostique des signes d'alerte utilisés pour dépister une fracture ou une tumeur chez une personne qui consulte pour une douleur lombaire. Quatorze études distinctes, dont huit portant sur la fracture et neuf sur la tumeur, trois traitant des deux, évaluent 53 signes d'alerte, en première ligne pour huit d'entre elles, en deuxième ligne pour deux et en troisième ligne pour quatre. Le travail tire sa valeur de ce qu'il chiffre la probabilité après constatation plutôt que de se contenter d'énumérer des signes : usage prolongé de corticostéroïdes 33 % (IC 95 % 10 % à 67 %), traumatisme grave 11 % (IC 95 % 8 % à 16 %), ecchymose ou abrasion 62 % (IC 95 % 49 % à 74 %), et présence simultanée de trois signes d'alerte ou plus 90 % (IC 95 % 34 % à 99 %) pour la fracture; antécédent de cancer 7 % (IC 95 % 3 % à 16 %) en première ligne et 33 % (IC 95 % 22 % à 46 %) à l'urgence pour la tumeur, l'âge avancé, la perte de poids inexpliquée et l'absence d'amélioration après un mois restant sous 3 %. Conclusion des auteurs : seule une petite partie des signes d'alerte recommandés par les guides de pratique est effectivement informative, ce qui appelle selon eux une révision de plusieurs de ces guides. Aucun financement spécifique; aucun intérêt concurrent déclaré. Correction publiée : BMJ. 2014;348:g7 — DOI 10.1136/bmj.g7. Elle est éditoriale et ne modifie aucun chiffre : ajout d'une virgule dans la discussion et correction d'un renvoi de référence dans une table du supplément. Elle précise toutefois que l'usage prolongé de corticostéroïdes et l'ecchymose ou abrasion sont deux éléments distincts et non un signe combiné, ce que le présent dossier respecte.
- Luque-Suárez A, Martínez-Calderón J, Falla D. Role of kinesiophobia on pain, disability and quality of life in people suffering from chronic musculoskeletal pain: a systematic review. British Journal of Sports Medicine. 2019;53(9):554-559. PMID 29666064. DOI 10.1136/bjsports-2017-098673 — revue systématique d'études observationnelles portant sur la peur du mouvement mesurée par l'échelle de Tampa, chez des personnes ayant une douleur musculosquelettique persistante. Soixante-trois articles retenus, échantillon cumulé de 10 726 personnes, recherche dans PubMed, AMED, CINAHL, PsycINFO, PubPsych et la littérature grise depuis l'origine des bases jusqu'à juillet 2017, risque de biais apprécié par une version adaptée de l'échelle de Newcastle-Ottawa, protocole enregistré au registre PROSPERO sous le numéro CRD42016042641. Les auteurs rapportent des preuves fortes d'une association entre un niveau plus élevé de peur du mouvement et une plus grande intensité de douleur ainsi qu'une plus grande incapacité, et des preuves modérées d'une association avec la sévérité de la douleur et une moins bonne qualité de vie. La distinction qui porte l'article : en analyse longitudinale, un niveau plus élevé de peur du mouvement prédit la progression de l'incapacité dans le temps, avec des preuves modérées, alors qu'il ne prédit pas les changements d'intensité de la douleur. Les auteurs signalent eux-mêmes que la majorité des études incluses sont transversales et appellent des devis longitudinaux supplémentaires. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction dans la notice Crossref.
- Hadzic R, Sharpe L, Wood BM. The Relationship Between Pacing and Avoidance in Chronic Pain: A Systematic Review and Meta-Analysis. The Journal of Pain. 2017;18(10):1165-1173. PMID 28479209. DOI 10.1016/j.jpain.2017.04.008 — revue systématique et méta-analyse de 16 études examinant la relation entre les mesures de dosage de l'activité et les mesures d'évitement chez des personnes ayant une douleur persistante. Corrélation moyenne pondérée de 0,290 (p < 0,001), qui monte à 0,410 (p < 0,001) pour les questionnaires à plusieurs items et descend à 0,105 (p < 0,001) pour les mesures à item unique, l'écart entre les deux types de mesure étant statistiquement significatif. Le bon coup méthodologique tient à la question posée : les auteurs ne demandent pas si le dosage fonctionne, ils demandent si les instruments qui prétendent le mesurer mesurent bien autre chose que de l'évitement. Leur conclusion est que les mesures existantes, en particulier celles à plusieurs items, confondent vraisemblablement en partie le dosage et l'évitement, et qu'une mesure capable de distinguer les deux construits est nécessaire avant de pouvoir évaluer correctement les interventions de dosage. Les auteurs précisent n'avoir pas conduit d'analyses par sous-échelle, faute d'un nombre suffisant d'études. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction dans la notice Crossref.
- Macedo LG, Smeets RJEM, Maher CG, Latimer J, McAuley JH. Graded Activity and Graded Exposure for Persistent Nonspecific Low Back Pain: A Systematic Review. Physical Therapy. 2010;90(6):860-879. PMID 20395306. DOI 10.2522/ptj.20090303 — revue systématique des essais comparant l'activité graduée ou l'exposition graduée à un placebo, à une absence de traitement ou à une autre intervention active, chez des adultes de 18 à 80 ans ayant une douleur lombaire non spécifique depuis au moins six semaines. Quinze essais retenus, dont 13 essais randomisés et 2 essais croisés, pour 1 654 patients; score PEDro médian de 6 sur une étendue de 3 à 9; 12 essais comparables au départ; 10 essais avec assignation dissimulée, analyse en intention de traiter et suivi adéquat. Résultats mis en commun pour l'activité graduée contre une intervention minimale, sur 7 essais randomisés : différence moyenne pondérée de -6,2 points pour la douleur à court terme (IC 95 % -9,4 à -3,0) et de -6,5 points pour l'incapacité (IC 95 % -10,1 à -3,0); à moyen terme, -5,5 points pour la douleur (IC 95 % -9,9 à -1,0) et -3,9 points pour l'incapacité (IC 95 % -7,4 à -0,4); aucun bénéfice significatif à long terme. Contre une autre forme d'exercice, sur 6 essais randomisés : aucune différence statistiquement significative sur la douleur, l'incapacité ou l'effet perçu, à court, moyen ou long terme. Exposition graduée contre activité graduée, sur 4 essais : aucune différence significative à court terme. Exposition graduée contre traitement minimal, sur 2 essais randomisés : aucune différence significative à court terme. Le commentaire du Centre for Reviews and Dissemination juge la revue généralement bien conduite et les conclusions des auteurs conformes aux données disponibles, tout en signalant que la qualité des essais est globalement faible et que la pertinence de la mise en commun est discutable compte tenu de l'hétérogénéité. Route d'extraction des valeurs chiffrées : fiche structurée du Centre for Reviews and Dissemination, base DARE, NBK79462, le texte intégral de l'éditeur n'ayant pas pu être consulté. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction dans la notice Crossref.
- Wang L, Zhou C, Zhai C. Comparative effects of exercise modalities and dose parameters on chronic low back pain in adults: a systematic review and network meta-analysis. Frontiers in Physiology. 2026;17:1836061. PMID 42222290. DOI 10.3389/fphys.2026.1836061 — méta-analyse en réseau de 24 essais randomisés, représentant 28 bras d'intervention, chez des adultes de 18 ans et plus ayant une douleur lombaire non spécifique depuis au moins 12 semaines. Les groupes témoins recevaient soit aucun exercice, soit un exercice de routine, soit des soins de routine, soit de la physiothérapie passive. L'intérêt de ce travail pour le présent article ne tient pas à la comparaison entre modalités d'exercice mais à la comparaison entre paramètres de dose, que les auteurs analysent séparément. Durée de séance, en différence moyenne standardisée contre le témoin : 15 à 20 minutes -2,66 (IC 95 % -4,95 à -0,37), 30 à 40 minutes -1,54 (IC 95 % -2,29 à -0,79), 45 à 50 minutes -0,89 (IC 95 % -1,63 à -0,14). Fréquence hebdomadaire : 1 à 2 fois -0,82 (IC 95 % -1,50 à -0,15), 3 fois -1,06 (IC 95 % -1,78 à -0,33), 6 à 7 fois -1,86 (IC 95 % -3,04 à -0,68). Durée du programme : 8 semaines -1,13 (IC 95 % -1,96 à -0,31), 12 à 13 semaines -1,02 (IC 95 % -1,77 à -0,27), 16 semaines ou plus -2,64 (IC 95 % -4,06 à -1,23). Classements SUCRA : 91,6 pour les séances de 15 à 20 minutes, 91,5 pour une fréquence de 6 à 7 fois par semaine, 97,9 pour un programme de 16 semaines ou plus. Les auteurs présentent eux-mêmes ces classements comme des probabilités et non comme une supériorité établie, signalent une hétérogénéité clinique et méthodologique notable, un risque de biais élevé quant à l'insu des participants et des intervenants, et notent qu'une fréquence élevée peut poser un problème d'assiduité en pratique. Deux réserves de lecture consignées par le présent dossier : l'effectif total cumulé des 24 essais n'est pas rapporté par les auteurs, et deux des estimations par modalité du tableau 2 portent un intervalle de confiance qui n'encadre pas leur propre valeur ponctuelle, raison pour laquelle aucune comparaison entre modalités n'est citée ici. Aucun lien commercial ou financier déclaré. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction dans la notice Crossref.
- Katz H, Newton-John TRO, Shires A. Sexual Difficulties in the Population with Musculoskeletal Chronic Pain: A Systematic Review. Pain Medicine. 2021;22(9):1982-1992. PMID 33576430. DOI 10.1093/pm/pnaa451 — revue systématique de la nature et de la fréquence des difficultés sexuelles chez les personnes ayant une douleur musculosquelettique persistante, et des facteurs biopsychosociaux qui les entretiennent. Dix études retenues, 2 941 participants, populations composées de personnes ayant une lombalgie persistante ou une fibromyalgie; risque de biais apprécié pour l'ensemble des études incluses au moyen de l'outil Cochrane. Toutes les études examinant le fonctionnement sexuel y constatent des difficultés; trois établissent une différence significative avec des témoins en bonne santé appariés; neuf trouvent qu'un niveau de douleur plus élevé est associé de façon significative à de plus grandes difficultés sexuelles; huit constatent une fréquence plus élevée de difficultés en présence de troubles psychologiques associés. Les auteurs concluent à l'importance d'évaluer le fonctionnement sexuel dans cette population et recommandent une approche biopsychosociale de cette évaluation.
- Santos-Iglesias P, Estey JL, Crump L, LaChapelle DL, Byers ES. It's not all that bad: associations among pain characteristics and sexual well-being in people living with chronic pain. The Journal of Sexual Medicine. 2024;21(12):1159-1168. PMID 39279193. DOI 10.1093/jsxmed/qdae120 — enquête transversale en ligne auprès de 310 adultes de 21 à 50 ans (moyenne de 31,96 ans, écart type de 6,13), tous engagés dans une relation amoureuse et rapportant une douleur persistante depuis au moins trois mois; 28,1 % d'hommes, 70,6 % de femmes, 1,3 % d'hommes transgenres. Les indicateurs de bien-être intime comprennent la fréquence des activités intimes, la satisfaction mesurée par l'échelle GMSEX, l'estime de soi sexuelle, le désir, le fonctionnement mesuré par l'échelle ASEX, la douleur génitale et la détresse sexuelle; les caractéristiques de la douleur comprennent l'incapacité mesurée par le Pain Disability Index, la sévérité, la détresse affective, le soutien perçu du ou de la partenaire, le contrôle perçu et l'acceptation mesurée par le Chronic Pain Acceptance Questionnaire. Résultats : 97,4 % des participants rapportent au moins une activité intime, à une fréquence moyenne d'environ une fois par semaine (moyenne de 3,46, écart type de 1,49); la satisfaction moyenne est de 24,99 (écart type de 6,72) sur une étendue de 5 à 35 et l'estime de soi sexuelle de 3,42 (écart type de 0,86) sur une étendue de 1 à 5; 27,7 % rapportent au moins une difficulté sexuelle et 72,1 % de ceux-là en éprouvent de la détresse. Les caractéristiques de la douleur sont associées à une satisfaction plus faible (r = -0,22), à une détresse sexuelle plus élevée (r = 0,29) et à de plus grandes difficultés de fonctionnement (r = 0,24), toutes à p < 0,001; la première corrélation canonique est de 0,48, soit 23 % de variance partagée. Un soutien perçu plus élevé de la part du ou de la partenaire atténue une partie de l'association négative entre la douleur et le bien-être intime. Financement : bourse de transition de la New Brunswick Health Research Foundation. Aucun conflit d'intérêts déclaré. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; aucune relation de correction dans la notice Crossref.
- Vannier SA, Rosen NO, Mackinnon SP, Bergeron S. Maintaining Affection Despite Pain: Daily Associations Between Physical Affection and Sexual and Relationship Well-Being in Women with Genito-Pelvic Pain. Archives of Sexual Behavior. 2017;46(7):2021-2031. PMID 27620322. DOI 10.1007/s10508-016-0820-5 — étude de journal quotidien menée auprès de 70 femmes ayant reçu un diagnostic de vestibulodynie provoquée, qui ont rempli un relevé quotidien pendant huit semaines, soit 56 jours, dont 401 jours comportant une activité intime; analyses par modèles multiniveaux. Le devis est intra-individuel : chaque participante sert de point de comparaison à elle-même d'un jour à l'autre, ce qui sépare la variation quotidienne de ce qui distingue les personnes entre elles. Les marques d'affection physique de type accolades et baisers sont associées à une satisfaction sexuelle, à une satisfaction conjugale et à un fonctionnement sexuel plus élevés le jour même et le lendemain, et ces associations tiennent que la journée ait comporté ou non une activité intime; elles sont sans relation avec l'intensité de la douleur. Les périodes de proximité prolongée de type cajolerie ne sont associées à aucun des résultats mesurés, un résultat non concluant que les auteurs publient. Financement : bourse postdoctorale et subventions des Instituts de recherche en santé du Canada, et soutien du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Aucun conflit d'intérêts déclaré. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; le registre de corrections n'a pas pu être interrogé pour cette notice, voir le paragraphe des contrôles de la fiche.
- Geneen LJ, Moore RA, Clarke C, Martin D, Colvin LA, Smith BH. Physical activity and exercise for chronic pain in adults: an overview of Cochrane Reviews. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2017;(4):CD011279. PMID 28436583. DOI 10.1002/14651858.CD011279.pub3 — synthèse de revues Cochrane portant sur l'activité physique et l'exercice chez l'adulte ayant une douleur persistante. Vingt et une revues retenues, totalisant 381 études et 37 143 participants; de ce nombre, 264 études et 19 642 participants comparent l'exercice à une absence d'exercice ou à une intervention minimale et servent à l'analyse qualitative; recherche menée jusqu'au 21 mars 2016. Résultats : le fonctionnement physique est amélioré de façon significative dans 14 revues, avec des tailles d'effet petites à modérées; seules trois des revues rapportant la sévérité de la douleur ne trouvent aucun changement significatif; la qualité de vie et le fonctionnement psychologique donnent des résultats variables, soit favorables à l'exercice avec des effets généralement petits à modérés, deux revues rapportant des effets importants sur la qualité de vie, soit sans différence entre les groupes, aucun effet négatif n'étant rapporté. Effets indésirables : ils ne sont activement rapportés que dans 25 % des études incluses, réparties sur 18 revues, et consistent le plus souvent en une augmentation des courbatures ou des douleurs musculaires qui, selon les rapports, s'estompe après quelques semaines. Les auteurs cotent la qualité des preuves comme faible, en raison des effectifs - la plupart des études incluses comptant moins de 50 participants au total -, de la durée des interventions et de celle du suivi, et concluent que l'activité physique et l'exercice constituent une intervention comportant peu d'effets indésirables, susceptible d'améliorer la sévérité de la douleur et le fonctionnement physique, et par conséquent la qualité de vie. Indicateur is_retracted d'OpenAlex négatif; la notice Crossref ne porte aucune correction ni rétractation, seulement le lien de version entre pub2 et pub3.
- Québec. Code des professions, RLRQ c. C-26, art. 37 o). legisquebec.gouv.qc.ca — notice de champ d'exercice, sans valeur de preuve d'efficacité. Le champ d'exercice de l'ergothérapeute y est décrit ainsi : évaluer les habiletés fonctionnelles, déterminer et mettre en oeuvre un plan de traitement et d'intervention, développer, restaurer ou maintenir les aptitudes, compenser les incapacités, diminuer les situations de handicap et adapter l'environnement dans le but de favoriser l'autonomie optimale de l'être humain en interaction avec son environnement. Ne constitue pas une liste exhaustive d'activités réservées.
- Québec. Code des professions, RLRQ c. C-26, art. 37 u). legisquebec.gouv.qc.ca — notice de champ d'exercice, sans valeur de preuve d'efficacité. Le champ d'exercice du sexologue y est décrit ainsi : évaluer le comportement et le développement sexuels de la personne, déterminer, recommander et effectuer des interventions et des traitements dans le but de favoriser un meilleur équilibre sexuel chez l'être humain en interaction avec son environnement. Ne constitue pas une liste exhaustive d'activités réservées.
Cet article est informatif et ne remplace pas une évaluation médicale ou professionnelle. La progression doit être adaptée à la condition, aux traitements en cours et aux signes d'alerte individuels.
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