Entre récupération active et repos, le bon choix dépend d'abord de ce que la fatigue signale. Sur la performance, aucune modalité de récupération ne fait mieux que le repos passif chez des athlètes d'endurance : pour la récupération active, l'écart mesuré est nul (DMS −0,01; IC 95 % −0,39 à 0,36; 16 essais, 273 participants)1. Sur les courbatures, bouger doucement aide nettement dans les heures qui suivent (DMS −0,94; IC 95 % −1,61 à −0,28)2. Et devant une fièvre, une douleur thoracique, un essoufflement ou des palpitations, la réponse n'est ni l'une ni l'autre : on arrête et on fait évaluer.
Récupération active ou repos : ce que chaque option change vraiment
Une méta-analyse en réseau de 16 essais randomisés portant sur 273 athlètes d'endurance de compétition et d'élite, où huit modalités sont comparées au repos passif pris comme point de référence, ne trouve aucun avantage à la récupération active sur la performance spécifique au sport : DMS −0,01; IC 95 % −0,39 à 0,361. Le devis mérite qu'on s'y arrête : protocole préenregistré, certitude cotée pour chacune des 47 comparaisons, et une hétérogénéité nulle (I² = 0 %) sur ce résultat précis. Concrètement : si l'objectif est de refaire un effort de qualité bientôt, s'asseoir vaut autant que rouler vingt minutes. Cela retire une obligation, ça n'en ajoute pas.
Là où la récupération active fait une différence nette, c'est sur les courbatures. Dans une méta-analyse de 99 études chez des adultes de 18 à 65 ans, toutes techniques comparées au repos passif, elle réduit nettement les courbatures — DMS −0,94; IC 95 % −1,61 à −0,28 —, mais sur 90 personnes réparties en 8 groupes seulement et pendant une courte fenêtre après l'effort, comme les auteurs le précisent eux-mêmes2. La littérature grise a été incluse au dépistage pour limiter le biais de publication, et une analyse de sensibilité selon le score PEDro ne change pas les conclusions.
La même synthèse pose la limite qui empêche de survendre : sur la fatigue perçue, l'effet n'est pas significatif (DMS 0,64; IC 95 % −0,43 à 1,70, sur 33 personnes en 4 groupes)2. Elle agit donc sur ce que le muscle raconte, pas sur l'état général : distinguer « j'ai mal aux jambes » de « je suis vidé » est la première opération utile. Et un jour de récupération ne rattrape pas un cycle mal réparti : la façon de répartir effort et récupération sur plusieurs semaines se joue en amont.
Cinq fatigues qui n'appellent pas la même réponse
1. La courbature ordinaire. Elle suit un effort inhabituel, culmine, puis s'estompe. Bouger doucement aide, sur la courte fenêtre décrite plus haut2.
2. La douleur. Pour une lombalgie aiguë sans pathologie grave sous-jacente, une revue Cochrane de 10 essais et 1 923 participants montre que le conseil de rester actif fait mieux que le conseil de rester au lit, mais de peu : douleur, DMS 0,22 (IC 95 % 0,02 à 0,41) et fonction, DMS 0,29 (IC 95 % 0,09 à 0,49), avec une qualité de preuves cotée modérée; pour la sciatique, il n'y a pas de différence (DMS −0,03; IC 95 % −0,24 à 0,18)3. Les auteurs présentent les deux populations séparément plutôt que de les fondre, ce qui permet justement de voir que la réponse diffère. Le repos au lit n'est donc pas le traitement par défaut de la douleur — mais une douleur inexpliquée, survenue après un choc, qui empêche de mettre du poids ou qui s'aggrave se fait évaluer avant de bouger.
3. La surcharge. Le consensus conjoint du European College of Sport Science et de l'American College of Sports Medicine situe la surcharge fonctionnelle, la surcharge non fonctionnelle et le syndrome de surentraînement sur un même continuum, dont l'élément distinctif principal est la durée de récupération. Ce consensus d'experts, portant sur des athlètes et sans taille d'effet, pose une démarche d'exclusion préalable — écarter d'abord les maladies organiques, les infections et la restriction calorique — et écrit qu'aucun des marqueurs disponibles, hormonaux, biochimiques, immunitaires, psychologiques ou de performance, ne satisfait à l'ensemble des critères permettant un usage généralement accepté4. Si la fatigue dure et que la performance baisse, la première question n'est donc pas « quelle technique », c'est « qu'est-ce qui n'a pas été écarté ».
4. La maladie. Sur 54 études et plus de 31 000 athlètes, souvent d'élite et dans des devis d'observation, la durée moyenne des symptômes d'une infection respiratoire aiguë est de 7,1 jours (IC 95 % 6,2 à 8,0), et 20,4 % (IC 95 % 15,3 à 25,4) des épisodes entraînent plus d'une journée perdue d'entraînement ou de compétition — autrement dit, quatre fois sur cinq, aucune journée n'est perdue5. Les auteurs vérifient la stabilité de leurs estimations selon la méthode diagnostique et la classification de la maladie, et les trouvent constantes. Un rhume banal n'impose pas de tout arrêter. La fièvre et les signes ci-dessous, oui.
5. L'épuisement. L'Organisation mondiale de la Santé définit l'épuisement professionnel comme un syndrome résultant d'un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès, avec trois dimensions : épuisement ou manque d'énergie, distance mentale accrue à l'égard du travail, efficacité professionnelle réduite. Il figure au chapitre des facteurs influençant l'état de santé — il n'est donc pas classé comme une maladie — et désigne des phénomènes propres au contexte professionnel7. Une fatigue qui ne cède ni à une nuit ni à un congé, avec distance et cynisme envers le travail, ne se règle pas par une sortie à vélo. Et quand l'activité physique devient elle-même une source de pression, c'est un autre problème que la fatigue.
Le levier le mieux documenté n'est pas une technique : c'est le sommeil
Dans une méta-analyse de 69 publications, 227 mesures de performance et 959 adultes en santé — dont 89 % d'hommes —, une nuit écourtée de 6 heures ou moins réduit la performance physique de 7,56 % en moyenne (IC 95 % −11,9 à −3,13) par rapport à une nuit normale, en conditions expérimentales de courte durée8. Le travail est préenregistré, il utilise un modèle multiniveaux qui tient compte du fait que plusieurs mesures proviennent des mêmes personnes, et les auteurs publient l'hétérogénéité telle quelle (I² = 98,1 %) au lieu de l'atténuer.
L'effet n'est pas uniforme, et c'est ce qui le rend utilisable : il porte surtout sur les épreuves de fin de journée, tandis que les épreuves du matin sont largement épargnées, et la baisse s'accentue d'environ 0,4 % par heure d'éveil supplémentaire8. Après une nuit courte, on déplace donc l'effort exigeant vers le matin plutôt que de l'annuler — sachant par ailleurs que le moment de l'entraînement change ce qu'on en retire.
Pour savoir où l'on en est, une revue systématique de 56 études menées chez des athlètes conclut que les mesures subjectives — fatigue ressentie, humeur, qualité du sommeil, stress perçu — suivent les charges aiguës et chroniques avec une sensibilité et une cohérence supérieures à celles des marqueurs physiologiques et biochimiques usuels, avec lesquels elles ne corrèlent généralement pas; la synthèse ne groupe aucune taille d'effet et ne valide aucun questionnaire en particulier9. Les auteurs cotent la qualité et la force des constats étude par étude avant d'en tirer un niveau de preuve. Noter trois choses chaque matin — sommeil, humeur, jambes — est donc un instrument raisonnable; aucun appareil n'est requis pour commencer.
Après le travail, récupérer veut dire décrocher
Dans une méta-analyse de 91 échantillons et 38 124 personnes en emploi, décrocher mentalement du travail en dehors des heures est associé à moins de fatigue (r = −0,42; IC 95 % −0,52 à −0,30, sur 17 échantillons) et à un meilleur sommeil (r = 0,30; IC 95 % 0,22 à 0,38, sur 18 échantillons) — ce sont des corrélations issues de données autorapportées, donc des associations11. Chaque estimation est publiée avec son intervalle et son nombre d'échantillons, et les auteurs signalent eux-mêmes le risque de biais de méthode commune et la rareté des devis longitudinaux.
Le résultat le plus utile est ailleurs : plus les exigences du travail sont élevées, moins les gens décrochent (r = −0,25; IC 95 % −0,29 à −0,22, sur 60 échantillons)11. La récupération mentale manque donc là où elle serait le plus nécessaire, et ce n'est pas un défaut de volonté : elle se traite comme une condition à organiser — heure de fin, notifications, trajet, transition — plutôt que comme une intention, d'autant qu'une partie de ce qui l'empêche relève de ce que le contexte fait peser. Fatigue mentale et fatigue musculaire ne se lisent pas au même endroit ni au même rythme : d'où la grille qui suit.
Choisir : type de fatigue, moment, objectif
L'axe le plus souvent oublié est celui de l'objectif. Une méta-analyse bayésienne de 8 études montre que l'entraînement contre résistance seul produit un gain de masse musculaire petit mais net (DMS 0,36; ICr 95 % 0,10 à 0,61), alors que le même entraînement suivi d'une immersion en eau froide donne un gain petit à négligeable (DMS 0,14; ICr 95 % −0,08 à 0,36), l'écart étant de −0,22 (ICr 95 % −0,47 à 0,04) — sur 8 études seulement, dont les auteurs qualifient eux-mêmes la qualité de passable à faible, et sur la masse musculaire, pas sur la douleur ni sur la performance du lendemain12. Le cadre bayésien publie des intervalles de crédibilité complets, ce qui donne l'ampleur plausible de l'écart plutôt qu'un simple verdict.
La même intervention n'a donc pas la même valeur selon l'objectif : pour progresser, la période qui suit l'effort est celle où l'adaptation se construit; pour refaire un effort dans 24 heures, la question devient le confort et la disponibilité. Reste un rappel de cadrage : la charge s'additionne quelle que soit son étiquette, et une sortie « de récupération » menée trop fort reste de l'entraînement.
Quel type d'accompagnement peut aider?
Si la question porte sur le dosage, la progression ou la reprise, c'est le terrain d'un suivi sportif personnalisé : planifier la charge, organiser une progression graduelle, ajuster le dosage entre les séances et pendant une période de reprise, en concertation avec les personnes professionnelles de la santé déjà engagées auprès de vous. C'est ce que les sources ci-dessus désignent comme les vrais leviers — le moment, la durée, la répartition — plutôt qu'une technique en particulier.
Si le facteur dominant est l'alimentation, c'est un autre champ. Quand la fatigue persiste malgré le repos, le consensus 2023 du Comité international olympique sur le déficit énergétique relatif dans le sport nomme une cause à écarter — un apport qui ne couvre pas la dépense totale — et recommande une évaluation par une équipe multidisciplinaire; c'est un consensus d'experts portant sur des athlètes, dont ni les seuils ni les signes cliniques ne se transposent à la population générale10. Au Québec, l'évaluation de l'état nutritionnel relève du champ d'exercice des diététistes-nutritionnistes (art. 37 c) du Code des professions) et la détermination d'un plan de traitement nutritionnel est une activité réservée (art. 37.1, par. 1°)13. C'est ce que travaille l'accompagnement en nutrition.
Dans les deux cas, le principe reste celui de la grille : choisir une récupération proportionnée au signal réel du corps, avec une personne professionnelle habilitée plutôt qu'à partir d'une méthode décidée d'avance.
Sources
- Jin Y, Pan D, Li M, Zhu D, Wen J. Physical recovery modalities in competitive and elite endurance athletes: a systematic review and network meta-analysis finding limited evidence of benefit over passive recovery. Frontiers in Sports and Active Living. 2026;8:1876924. PMID 42683395. DOI 10.3389/fspor.2026.1876924 — revue systématique et méta-analyse en réseau de 16 essais randomisés totalisant 273 athlètes d'endurance de compétition et d'élite, où huit modalités de récupération sont comparées entre elles et à un même point de référence explicite, le repos passif. Le devis est ce qui fait sa force : protocole préenregistré (PROSPERO CRD420261368621), certitude cotée domaine par domaine pour chacune des 47 comparaisons, et hétérogénéité nulle (I² = 0 %) sur la performance spécifique au sport, ce qui rend l'estimation de ce résultat-là particulièrement stable. Les auteurs déclarent n'avoir aucun conflit d'intérêts et signalent eux-mêmes, par souci de transparence, que 64 % des 55 nœuds du réseau reposent sur un seul essai et que l'hétérogénéité demeure forte pour les courbatures (I² = 90,2 %) et le lactate sanguin (I² = 74,5 %). Les résultats portent sur des athlètes d'endurance entraînés et sur des délais courts entre deux efforts.
- Dupuy O, Douzi W, Theurot D, Bosquet L, Dugué B. An Evidence-Based Approach for Choosing Post-exercise Recovery Techniques to Reduce Markers of Muscle Damage, Soreness, Fatigue, and Inflammation: A Systematic Review With Meta-Analysis. Frontiers in Physiology. 2018;9:403. PMID 29755363. DOI 10.3389/fphys.2018.00403 — méta-analyse de 99 études publiées entre 1958 et 2017 chez des adultes de 18 à 65 ans, athlètes de compétition, sportifs récréatifs et personnes inactives, chaque technique étant comparée au repos passif. Deux choix méthodologiques donnent du poids aux estimations : la littérature grise a été incluse au dépistage pour limiter le biais de publication, et une analyse de sensibilité selon le score de qualité PEDro ne modifie pas les conclusions. Les auteurs déclarent l'absence de toute relation commerciale ou financière pouvant constituer un conflit d'intérêts. Les estimations propres à la récupération active reposent sur de petits effectifs (90 personnes réparties en 8 groupes pour les courbatures, 33 personnes en 4 groupes pour la fatigue perçue), et les auteurs précisent que l'effet de la récupération active ne s'observe que sur une courte période après l'effort.
- Dahm KT, Brurberg KG, Jamtvedt G, Hagen KB. Advice to rest in bed versus advice to stay active for acute low-back pain and sciatica. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2010;(6):CD007612. PMID 20556780. DOI 10.1002/14651858.CD007612.pub2 — revue systématique Cochrane de 10 essais randomisés et 1 923 participants, qui compare directement deux conseils opposés : rester au lit ou rester actif. La méthode Cochrane est appliquée intégralement — recherche exhaustive, extraction en double, cotation explicite de la qualité des preuves — et les résultats sont présentés séparément pour la lombalgie aiguë et pour la sciatique plutôt que fondus en une seule estimation, ce qui permet de voir que la réponse n'est pas la même dans les deux cas. La qualité des preuves est cotée modérée pour les deux comparaisons principales. Les essais portent sur des douleurs lombaires aiguës sans pathologie grave sous-jacente, et les gains mesurés sont petits.
- Meeusen R, Duclos M, Foster C, Fry A, Gleeson M, Nieman D, Raglin J, Rietjens G, Steinacker J, Urhausen A. Prevention, diagnosis, and treatment of the overtraining syndrome: joint consensus statement of the European College of Sport Science and the American College of Sports Medicine. Medicine and Science in Sports and Exercise. 2013;45(1):186-205. PMID 23247672. DOI 10.1249/MSS.0b013e318279a10a — énoncé de consensus conjoint de deux sociétés savantes, appuyé sur 136 références et jamais remplacé depuis. Sa valeur pour cet article est définitionnelle et procédurale : il situe la surcharge fonctionnelle, la surcharge non fonctionnelle et le syndrome de surentraînement sur un même continuum dont la durée de récupération est le principal élément distinctif, et il pose une démarche d'exclusion avant tout autre raisonnement — écarter d'abord les maladies organiques, les infections et la restriction calorique. Les auteurs écrivent que parmi les marqueurs disponibles, hormonaux, biochimiques, immunitaires, psychologiques ou de performance, aucun ne satisfait à l'ensemble des critères permettant un usage généralement accepté. Le document est un consensus d'experts : il ne produit aucune taille d'effet, et sa population de référence est celle des athlètes.
- Snyders C, Pyne DB, Sewry N, Hull JH, Kaulback K, Schwellnus M. Acute respiratory illness and return to sport: a systematic review and meta-analysis by a subgroup of the IOC consensus on 'acute respiratory illness in the athlete'. British Journal of Sports Medicine. 2022;56(4):223-232. PMID 34789459. DOI 10.1136/bjsports-2021-104719 — revue systématique et méta-analyse de 54 études et de plus de 31 000 athlètes, menée par un sous-groupe du processus de consensus du Comité international olympique. Sa qualité tient à l'ampleur du corpus et au fait que les auteurs vérifient la stabilité de leurs estimations selon la méthode diagnostique et selon la classification de la maladie, et les trouvent constantes. Les estimations sont accompagnées de leurs intervalles de confiance. Il s'agit de données d'observation recueillies chez des athlètes, souvent d'élite, et non d'un essai : elles décrivent ce qui s'est produit, pas ce qu'il fallait faire. Le travail est partiellement financé par le Centre de recherche du CIO d'Afrique du Sud.
- Schwellnus M, Adami PE, Bougault V, Budgett R, Clemm H, Derman W, Erdener U, Fitch K, Hull JH, McIntosh CN, Meyer T, Pedersen L, et coll. International Olympic Committee (IOC) consensus statement on acute respiratory illness in athletes part 1: acute respiratory infections. British Journal of Sports Medicine. 2022;56(19):1066-1088. PMID 35863871. DOI 10.1136/bjsports-2022-105759 — énoncé de consensus du Comité international olympique, construit à partir de revues systématiques préparées par des sous-groupes puis soumises à un processus de consensus formel, ce qui rend la chaîne entre preuves et recommandations traçable. Il fournit une liste explicite de signes devant conduire à cesser l'effort et à consulter — fièvre, difficulté à respirer ou essoufflement, douleur ou pression thoracique, étourdissements, palpitations, fatigue excessive — ainsi qu'une démarche de reprise en quatre étapes fondée sur la sévérité de l'atteinte et sur une reprise graduelle de la charge. Les recommandations visent les athlètes et le personnel de médecine du sport; elles sont transposables comme repères de prudence, non comme protocole clinique individuel.
- Organisation mondiale de la Santé. Burn-out an « occupational phenomenon » : International Classification of Diseases. Genève : Organisation mondiale de la Santé; 28 mai 2019, et page de questions fréquentes de la Classification internationale des maladies, 11e révision. who.int · who.int — foire aux questions — position officielle d'une agence des Nations unies, et non un résultat d'efficacité. L'OMS y définit l'épuisement professionnel comme « un syndrome conceptualisé comme résultant d'un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès », caractérisé par trois dimensions : sentiment d'épuisement ou de manque d'énergie, distance mentale accrue à l'égard du travail ou sentiments de négativisme ou de cynisme liés au travail, et efficacité professionnelle réduite. Deux précisions cadrent l'usage de cette définition : l'épuisement professionnel figure au chapitre des facteurs influençant l'état de santé ou les contacts avec les services de santé et n'est pas classé comme une maladie, et il désigne des phénomènes relevant spécifiquement du contexte professionnel, sans devoir servir à décrire des expériences vécues dans d'autres domaines de la vie.
- Craven J, McCartney D, Desbrow B, Sabapathy S, Bellinger P, Roberts LA, Irwin C. Effects of Acute Sleep Loss on Physical Performance: A Systematic and Meta-Analytical Review. Sports Medicine. 2022;52(11):2669-2690. PMID 35708888. DOI 10.1007/s40279-022-01706-y — revue systématique et méta-analyse de 69 publications, 227 mesures de performance et 959 adultes en santé, avec protocole préenregistré (PROSPERO CRD42020211824). Le modèle statistique est un des points forts de ce travail : un modèle multiniveaux à effets aléatoires tient compte du fait que plusieurs mesures proviennent des mêmes participants, ce que la plupart des synthèses antérieures ne faisaient pas. Les auteurs ne se contentent pas d'une estimation globale : ils montrent que le moment de l'épreuve et le type de privation modifient le résultat, et publient l'hétérogénéité sans l'atténuer (I² = 98,1 %). L'échantillon est composé à 89 % d'hommes, les protocoles sont expérimentaux et de courte durée, et la mesure est la performance physique, non la santé.
- Saw AE, Main LC, Gastin PB. Monitoring the athlete training response: subjective self-reported measures trump commonly used objective measures: a systematic review. British Journal of Sports Medicine. 2016;50(5):281-291. PMID 26423706. DOI 10.1136/bjsports-2015-094758 — revue systématique de 56 études originales, retenue ici parce qu'elle demeure la synthèse de référence sur la comparaison directe entre mesures subjectives et mesures objectives du suivi de la charge. Les auteurs cotent explicitement la qualité et la force des constats étude par étude avant d'en tirer un niveau de preuve global, plutôt que de compter les résultats positifs. Le constat central est que les mesures subjectives reflètent les charges aiguës et chroniques avec une sensibilité et une cohérence supérieures à celles des marqueurs physiologiques et biochimiques usuels, et qu'elles ne corrèlent généralement pas avec eux. La revue porte sur des athlètes, ne produit pas de taille d'effet groupée, et ne valide aucun questionnaire en particulier.
- Mountjoy M, Ackerman KE, Bailey DM, Burke LM, Constantini N, Hackney AC, Heikura IA, Melin A, Pensgaard AM, Stellingwerff T, Sundgot-Borgen JK, Torstveit MK, Jacobsen AU, Verhagen E, Budgett R, Engebretsen L, Erdener U. 2023 International Olympic Committee's (IOC) consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (REDs). British Journal of Sports Medicine. 2023;57(17):1073-1098. PMID 37752011. DOI 10.1136/bjsports-2023-106994 — énoncé de consensus d'experts issu d'un processus du Comité international olympique, qui en est aussi le commanditaire, et qui s'appuie sur plus de 170 publications parues depuis la version précédente de 2018. Son apport ici est définitionnel et organisationnel : il nomme l'écart entre l'apport alimentaire et la dépense liée à l'exercice qui laisse les besoins totaux non couverts, en décrit les conséquences sur la santé et sur la performance au moyen de modèles conceptuels mis à jour, et recommande une évaluation par une équipe multidisciplinaire réunissant médecine du sport, nutrition, psychologie et sciences du sport. La population visée est celle des athlètes : ni ses seuils ni ses signes cliniques ne se transposent à la population générale, et le document ne produit aucune taille d'effet.
- Wendsche J, Lohmann-Haislah A. A Meta-Analysis on Antecedents and Outcomes of Detachment from Work. Frontiers in Psychology. 2017;7:2072. PMID 28133454. DOI 10.3389/fpsyg.2016.02072 — méta-analyse de 91 échantillons indépendants issus de 86 publications et totalisant 38 124 personnes en emploi, publiée en accès libre sous licence CC BY. Sa solidité tient à l'effectif, à la publication d'intervalles de confiance et du nombre d'échantillons pour chaque estimation, et au fait que les auteurs testent des modérateurs — devis de l'étude, composition par sexe, tonalité affective des pensées liées au travail — au lieu de présenter une corrélation unique. Ils signalent eux-mêmes, par souci de transparence, que les données sont autorapportées et peuvent être gonflées par un biais de méthode commune, et que les devis longitudinaux restent rares. Les valeurs rapportées sont des corrélations : elles établissent des associations et non des liens de cause à effet.
- Piñero A, Burke R, Augustin F, Mohan AE, DeJesus K, Sapuppo M, Weisenthal M, Coleman M, Androulakis-Korakakis P, Grgic J, Swinton PA, Schoenfeld BJ. Throwing cold water on muscle growth: A systematic review with meta-analysis of the effects of postexercise cold water immersion on resistance training-induced hypertrophy. European Journal of Sport Science. 2024;24(2):177-189. PMCID PMC11235606. DOI 10.1002/ejsc.12074 — revue systématique et méta-analyse bayésienne de 8 études comparant l'entraînement contre résistance seul à ce même entraînement suivi d'une immersion en eau froide. Le choix d'un cadre bayésien est ce qui rend ce travail utile : plutôt qu'un simple verdict significatif ou non, les auteurs publient des intervalles de crédibilité complets et une méta-régression sur le statut d'entraînement, ce qui permet de lire l'ampleur plausible de l'écart et non seulement son existence. Ils signalent eux-mêmes que la qualité des études incluses est passable à faible et invitent à interpréter le résultat avec prudence. Le nombre total de participants n'est pas rapporté, aucun identifiant PubMed n'est indexé pour cet article, et le résultat porte sur la masse musculaire, non sur la douleur ni sur la performance du lendemain.
- Gouvernement du Québec. Code des professions, RLRQ c. C-26, art. 37 c) et art. 37.1, par. 1° — champ d'exercice et activités réservées des diététistes-nutritionnistes (Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec). PDF consolidé à jour au 7 avril 2026, LégisQuébec; titres et activités réservés reproduits par l'Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec — champ d'exercice, sans valeur de preuve d'efficacité; ne constitue pas une liste exhaustive d'activités réservées.
Cet article est fourni à titre informatif par Apogei CLINIQUE et ne remplace pas une évaluation professionnelle. Il ne pose aucun diagnostic, ne fixe aucun seuil, ne propose aucun plan d'entraînement, de récupération ou d'alimentation individualisé, et aucune des conduites décrites ne doit servir à retarder une consultation. Devant une douleur thoracique, un essoufflement inhabituel, des palpitations, un malaise, une fièvre, une douleur vive apparue brusquement ou un état qui se détériore, on cesse l'effort et on fait évaluer sans délai. Les valeurs citées sont des moyennes de groupe obtenues dans des populations, des protocoles et des durées précis : le plus souvent des athlètes d'endurance entraînés, des adultes en santé placés en laboratoire ou des personnes en emploi, jamais un échantillon québécois ou canadien. Une partie des estimations repose sur de petits effectifs, l'échantillon de la synthèse sur le sommeil est composé à 89 % d'hommes, et les résultats sur la récupération après le travail sont des corrélations issues de données autorapportées, qui décrivent des associations et non des liens de cause à effet. Ces chiffres décrivent ce qui a été mesuré en moyenne entre des groupes; ils ne prédisent pas ce qui se produira chez une personne donnée, et les repères issus du sport de compétition ne se transposent pas tels quels à l'ensemble de la population. La façon de doser l'effort, la récupération et l'alimentation dans une situation réelle se détermine avec une personne professionnelle habilitée.
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